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Projektstudie, Selektives Verfahren | 04/2023

Neugestaltung der Avenue de la Gare sud und der Avenue de Tourbillon ouest in Sion (CH)

Vue avenue de la gare

Vue avenue de la gare

Teilnahme

FORSTER-PAYSAGE

Landschaftsarchitektur

DVArchitectes & Associes

Architektur

Transportplan Sion SA Bureau d’ingénieurs

Verkehrsplanung

Editech SA

Bauingenieurwesen

Erläuterungstext

Située en plein cœur de la ville de Sion, l’Avenue de la Gare est le maillon principal d’un large réseau d’espaces publics en plein développement qui relient la gare de Sion à sa vieille ville.
Sujette à de multiples travaux depuis sa création en 1860, cette route principale est aujourd’hui constituée d’une large bande de circulation linéaire et monotone qui péjore fortement la perméabilité piétonne et constitue une véritable scission entre les quartiers Est et Ouest de la ville. Les mobiliers hétérogènes et les revêtements discontinus peinent également à faire de cette Avenue un espace public à part entière. Le potentiel d’un tel axe urbain est pourtant bien présent et ne demande qu’à être révélé et mis en œuvre pour offrir à la population sédunoise une avenue tournée vers les activités piétonnes plutôt que servant au transit automobile.
Implantée orthogonalement à cette Avenue et à proximité du nouveau quartier de Cour de Gare, l’Avenue de Tourbillon n’a pour sa part jamais été conçue comme un véritable espace public. L’importante linéarité de cette avenue dépourvue d’aménagements et le trafic relativement dense qui la parcourt rendent les cheminements piétons et cyclables non seulement peu sûrs, mais également ennuyeux et sans grand confort urbain. Du fait de sa proximité directe avec la future Cour de Gare, l’avenue de Tourbillon représente un enjeu de continuité des aménagements et de cohérence urbaine indéniables.

Par son approche, le projet VILLE VIVANTE souhaite faire de ces Avenues des « rues vivantes », tant en termes environnemental que socioculturel.
Les enjeux de transition écologique sont au centre de la réflexion générale du projet et visent à retrouver des espaces de rafraîchissement et de rencontres en milieu urbain. Basé sur l’eau, le sol et la végétation, le projet se veut durable, social et vise une amélioration de la qualité de vie des habitants tout en acclimatant la ville et en combattant le réchauffement climatique.
L’harmonie des aménagements et la diversité des usages du projet cherchent à favoriser les rencontres, échanges et événements publics rendant ce lieu vivant au quotidien, ainsi qu’à effectuer la couture manquante entre les différents espaces publics de la ville actuellement en transformation.


Ralentir et collecter toutes les eaux

Afin d’homogénéiser et de conférer une identité propre et résolument piétonne à l’Avenue de la Gare, de généreuses bandes publiques alternant surfaces vertes et poussier (??) s’étendent de part et d’autre de la voirie et proposent tout au long du projet de lieux de flâneries, de séjour et de nature.

Au-delà de leur fonction sociale, les aménagements de ces zones se veulent plurifonctionnels et jouent notamment le rôle de gestion des eaux à ciel ouvert. L’implantation biaise des mobiliers en pisé a pour objectif de ralentir et infiltrer les ruissellements sur leur descente vers la gare, afin de participer à la fois au rafraîchissement urbain et au bon développement de l’arborisation. Cette intervention est particulièrement cohérente dans la situation actuelle de l’Avenue, dont la pente générale peut canaliser d’importants volumes en direction du site de Cour de Gare sans bénéficier à l’arborisation existante.

Les directions induites par ces murs participent également à la rythmique générale de l’Avenue en dessinant tantôt une terrasse, un parc ou un arrêt de bus. Ils vont volontairement à l’encontre de la linéarité prononcée existante et proposent des passages d’Est en Ouest facilités.

Le même principe de bandes publiques est mis en œuvre sur l’Avenue de Tourbillon. Des matérialités similaires sont instaurées sur le trottoir Nord afin de générer une cohérence et une rythmique d’aménagements pour y voir émerger des lieux de rencontres et de séjour. L’introversion du projet Cour de Gare induisant une incubation majeure de la foule, une perméabilité piétonne aussi marquée que sur l’Avenue de la Gare n’est ici pas recherchée.



Augmenter la canopée et aménager des clairières


L’ensemble des mesures prises dans ce projet s’inscrit naturellement dans la mémoire et le génie du lieu et vise la réimplantation d’une canopée généreuse sur l’Avenue de la Gare. Cette dernière mettra en scène l’alignement des micocouliers existants, complétés de manière à étoffer les strates arborées comme arbustives en milieu urbain. La plantation d’une multiplicité d’essences climat-adaptées dans des fosses continues favorisera le développement d’une résilience urbaine du patrimoine arboré local, tout en réintroduisant l’important couvert végétal de l’époque.

L’arborisation généreuse du trottoir Nord de l’Avenue de Tourbillon participera quant à elle à conférer une identité paysagère à cet axe urbain et à l’intégrer de manière cohérente dans le réseau d’espaces publics de la ville.

Le réaménagement de ces Avenues constitue un agrandissement notable du patrimoine arboré sédunois, ainsi qu’une fenêtre d’adaptation aux évolutions du climat urbain, en particulier dans la lutte contre les effets d’îlots de chaleur. En retrouvant une canopée urbaine dense et diversifiée, les Avenues de la Gare et de Tourbillon deviendront à terme des sources et des vecteurs de rafraîchissement urbain, profitant de l’ombrage offert par les alignements ainsi que de leur évapotranspiration naturelle.



Trafic motorisé

La modification du régime de vitesse (zone 30) et les restrictions de circulation pour le trafic individuel motorisé sur l’Avenue de la Gare vont permettre de redistribuer les espaces entre les modes, de favoriser l’attractivité cette rue pour la mobilité douce et d’améliorer la progression des transports publics.

Pour le trafic individuel, le tronçon étudié de l’Avenue de la Gare abandonnera toute fonction de transit et ne servira qu’à la desserte riveraine et l’accès aux parkings publics ou privés à usage public.

La maîtrise du trafic de transit permettra de réduire notablement le trafic journalier moyen sur le tronçon (abaissement du trafic journalier moyen de 10’000 vhc/j aujourd’hui à environ 3’000 à 4’000 vhc/j à l’état projeté).

Les transports publics conserveront quant à eux leur liberté de mouvement sur l’Avenue de la Gare et à travers le centre-ville, ce qui permettra d’assurer le maintien d’une desserte fine et favorisera notablement leur progression.

Le profil-type proposé sur l’Avenue de la Gare s’articule autour de cet état projeté et redistribue les espaces entre tous les modes. Le cas de croisement déterminant retenu pour le gabarit de la chaussée est le croisement bus-voiture à 30 km/h concomitant avec le croisement/dépassement d’un cycle montant.



Mobilité douce

Les aménagements cyclables recommandés sont décrits sur la base de l’abaque établie en 2019 dans le cadre de la stratégie vélo de la Ville de Sion.

Dans ce contexte, la maîtrise du trafic individuel motorisé et l’abaissement de la vitesse sur l’Avenue de la Gare amènent à une situation à la frontière entre l’aménagement de bandes cyclables et la mixité avec le trafic motorisé. Ainsi, en tenant compte des dénivelés et des vitesses pratiquées, il est recommandé de prévoir une bande cyclable sécurisée d’une largeur de 1.80m à la montée et la mixité du trafic à la descente.

Concernant l’Avenue de Tourbillon Est, et compte tenu le projet en cours de développement d’une piste cyclable au sud de Cour de Gare et la bonne perméabilité Est-Ouest sur des axes plus apaisés (place du Midi, rues des Cèdres et de Chanoine-Berchtold), cet axe sera uniquement utilisé par des cyclistes aguerris, privilégiant l’itinéraire le plus direct et rapide. Il est donc proposé d’admettre une mixité entre trafic motorisé et cyclable sur tronçon afin d’orienter les cyclistes plus occasionnels sur les itinéraires hors trafic et libérer des espaces pour la végétalisation et la mise en valeur de l’axe et pour renforcer la sécurité des piétons.

Concernant les piétons, l’aménagement projeté assure sur les Avenues de la Gare et de Tourbillon des liaisons continues, sécurisées et attractives tout en offrant divers cheminements.

La perméabilité piétonne est assurée par le maintien des traversées piétonnes au niveau des carrefours régulés par feux et l’ajout de phases uniquement «piétonnes». En addition, elle est également garantie par les principes d’aménagement projeté permettant des traversées libres et sécurisées dans les carrefours à perte de priorité et sur le linéaire de l’Avenue de la Gare.



Un projet construit par phases avec les habitant.es

La vision à terme des aménagements peut être amorcée de manière transitoire et évolutive, par le biais d’aménagements temporaires. Ces mesures transitoires prendront plusieurs formes, telles que des interventions légères via des marquages au sol et une végétalisation en bacs urbains.
Des cessions partielles de la chaussée peuvent être ouvertes aux commerçants comme extension de terrasse, ou réservées en tant que plateformes d’activités publiques à la discrétion de la ville de Sion. Cette démarche transitoire a l’avantage d’offrir à la population sédunoise une appropriation progressive et dynamique des changements d’usages prévus par le réaménagement des avenues.

Ces démarches seront les premières étapes d’un chantier qui sera lui aussi réalisé par phases. Chaque tronçon de l’avenue, délimité par les carrefours, est réalisable indépendamment des autres, de même que la rue dans sa coupe transversale, permettant un phasage fin et non intrusif à l’activité urbaine.

Les réseaux sont actuellement situés sous les arbres et leur démolition entraînerait la mort des micocouliers. Le projet propose de conserver les réseaux existants en activité pendant le phasage de chantier, et de les abandonner sous le sol lors de la mise en service des nouveaux réseaux. Cela rendra possible le phasage proposé et la conservation des arbres existants.



Intégrer le vivant : les tours aux oiseaux

Le principe de « rue vivante » est ici appliqué au sens premier du terme. La gestion de l’eau à ciel ouvert a pour but de faire participer la ville, conventionnellement aride, au cycle vertueux de l’eau.
Le réchauffement climatique menaçant tout particulièrement la présence de l’eau dans nos paysages, sa mise en avant dans le projet cherche à combattre ce problème en la faisant participer activement aux échanges entre sol et atmosphère. Les eaux sont captées, absorbées, stockées et ensuite évapotranspirées par la généreuse canopée. En permettant ces échanges, le projet améliore sensiblement la présence du vivant dans la ville.

Cette présence vivante est mise en exergue par l’édification de trois tours aux oiseaux. Les dimensions de ces tours sont déterminées par la position des nichoirs à hirondelles en leur sommet, et correspondent à leur habitat idéal. La végétalisation du pied des tours permet également à d’autres espèces d’oiseaux de se partager l’espace pour nicher ou se nourrir. De manière générale, l’ensemble des noues sert d’habitat pour de nombreux insectes, eux-mêmes servant de base alimentaire aux oiseaux. Le vivant est ainsi célébré et considéré en tant que tel. Les oiseaux deviennent des habitants des lieux au même titre que les humains.



Concevoir de manière multifonctionnelle


Le projet propose une série de murets en pisé dont les rôles sont multiples. Ils sont pensés selon le principe suivant : « chaque élément remplit plusieurs fonctions, et chaque fonction est remplie par plusieurs éléments ».

Premièrement, la trame triangulaire sur laquelle ils s’alignent permet une gestion compréhensible et flexible des pentes. La position et les dimensions des murets peuvent s’adapter au terrain afin de l’épouser et permettre un maintien des pentes sans seuil tout au long de l’avenue, et cela sans créer de rupture dans le concept spatial des aménagements. Ces ouvrages ont donc une fonction de gestion des terres et des niveaux, ainsi qu’une fonction de gestion des pentes et de l’accessibilité universelle aux divers espaces de rencontres et de séjour urbain.

Deuxièmement, sur cette même trame s’aligne une série de cunettes dont le rôle est de capter chaque goutte d’eau qui ruisselle le long de l’avenue. Cette eau est ensuite redirigée par gravité dans un système de conservation. Dans les bandes plantées qui longent l’avenue, le terrain est remodelé finement, en coopération avec les murets, afin de créer des dépressions ou des noues paysagères, dans lesquelles les eaux seront infiltrées. Dans les cas où la géométrie diffère, les eaux sont conduites dans des fosses de Stockholm, permettant un stockage souterrain sous les trottoirs. Ce système permet la conservation de larges volumes d’eau qui deviennent ainsi accessibles à l’arborisation.

Troisièmement, la succession de ces murets permet d’articuler l’espace public et de servir de mobilier urbain. Les murs sont positionnés de manière à fermer ou ouvrir des espaces aux dimensions variées. Les carrefours sont ceints par ces murs afin de gérer au mieux les flux des véhicules. Leurs positions et dimensions sont également une réaction à leur contexte direct, notamment aux façades auprès desquelles ils sont implantés. Ils permettent et favorisent une perméabilité totale du flux piétons, les diagonales accompagnant naturellement l’orientation et direction de ces flux.

Finalement, ces murs confèrent au lieu son identité et la renforce dans le contexte territorial sédunois. En miroir au vignoble de Savièse qui habite l’arrière-plan de l’Avenue de la Gare, ils constituent un paysage unique mais familier à l’avenue.

Beurteilung durch das Preisgericht

L’équipe a traduit les enjeux de la requalification des avenues de la Gare et Tourbillon en six grandes ambitions d’aménagement : « Pacifier le trafic – Ralentir les eaux – Restaurer la canopée – Lier les quartiers Est et Ouest – Proposer des espaces à s’approprier – Accentuer l’identité des deux avenues ». Elle s’est fixé pour règle que la formalisation du projet permettre de répondre de manière croisée à l’ensemble de ces ambitions.

Concrètement, le projet se base sur une lecture des enjeux de l’avenue de la Gare : sa situation en pente impose une gestion des eaux de ruissellement, la limitation de vitesse permet de récupérer un espace généreux au profit des usages piétons à l’ouest, les relations transversales sont favorisées et multipliées, un renforcement de l’arborisation par tronçon alterne avec des espaces d’articulation plus ouverts. En résulte un principe de composition en plan qui se développe sur une trame triangulaire : un système de murets en biais, rompant avec la linéarité habituelle des dessins d’avenue, délimite des plates-bandes en pied d’arbres, génère des espaces de séjour, concentre les traversées, accompagne le chemin naturel de l’eau et permet d’adosser divers équipements. Il présenterait l’avantage de permettre une adaptation fine des niveaux, qu’il s’agisse de raccorder les accès riverains ou de favoriser l’implantation de terrasses en atténuant la pente. D’autre part, leur disposition offre des espaces tantôt ouverts, tantôt fermés, assurant ainsi une variété de situations.

L’aménagement traverse l’avenue Tourbillon vers la place de la Gare, dans le but de créer un véritable espace d’accueil pour les visiteurs. L’aménagement de l’avenue de Tourbillon est plus classique avec la proposition d’un complément à l’alignement d’arbres au nord.

D’une manière générale, le projet propose de travailler avec des matériaux de réemploi (pavés récupérés) ou les ressources locales (murets en terre).

Le collège d’experts salue une proposition qui transfigure l’image traditionnelle d’une avenue par la mise en place de règles de composition guidées par les usages piétons. Malgré une démonstration minutieuse et théoriquement cohérente, plusieurs éléments lui font toutefois douter de son adéquation, parmi lesquels :

  • Les solutions en matière de mobilitĂ© ne sont pas convaincantes, en particulier : adaptation Ă  la baisse des gabarits routiers rĂ©duisant la sĂ©curitĂ© des cyclistes Ă  la montĂ©e, amĂ©nagements inadaptĂ©s aux personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite, surdimensionnement des carrefours pĂ©jorant la sĂ©curitĂ© des modes doux, impermĂ©abilisation des traversĂ©es libres sur l’avenue de la Gare, absence d’amĂ©nagements cyclistes sur l’avenue de Tourbillon ;
  • Le collège d’experts regrette l’absence de rĂ©flexion Ă  l’échelle de la ville. Le projet semble ainsi autorĂ©fĂ©rencĂ© et peine Ă  s’inscrire dans le continuum des espaces publics sĂ©dunois. Il en rĂ©sulte certes une identitĂ© forte mais qui se limite Ă  l’avenue de la Gare, l’avenue de Tourbillon demeurant traitĂ©e de manière assez classique et les rues des Cèdres et des Creusets ignorĂ©es ;
  • En dĂ©pit d’intentions de qualitĂ©, les auteurs semblent avoir Ă©tĂ© pris Ă  leur propre piège dans leur traduction formelle. Le passage du plan Ă  l’espace vĂ©cu en trois dimensions dĂ©montre les limites du système : la rĂ©pĂ©tition plĂ©thorique des murets en biais pĂ©jore fortement la lisibilitĂ© de l’espace ; elle induit des usages transversaux intempestifs pas toujours en lien avec les lignes de dĂ©sir et paradoxalement contraires Ă  une bonne cohabitation des diffĂ©rents modes.

Enfin, le collège d’experts peine à comprendre la proposition de tours aux oiseaux, qui lui semble totalement déconnectée du contexte, tant dans son expression, sa vocation, que dans son lien avec les autres éléments du projet.